• Carthage

    UNE GRANDE CAPITALE

Très zen le jour, très tendance la nuit, Tunis où s'aligne le long de ses artères tout le catalogue de l'animation nocturne, garde son attrait et son dynamisme.

C'est que l'animation qui y règne pousse au noctambulisme, dans les places publiques et les principales artères de la ville ainsi que dans les restaurants animés. Son Histoire est chargée et grandiose. La ville qui, de par son appellation d'origine "Thynes", témoigne qu'elle est de fondation antérieure à l'arrivée des Phéniciens en terre africaine et se tenait alors sur les hauteurs de l'actuel quartier de la Kasbah. Elle fut le théâtre de batailles épiques lorsqu'au IIIème siècle avant J.-C., les mercenaires du Grec Spendios se soulevèrent contre Carthage, et se réfugièrent dans la ville voisine de Tunis.

Il a été fait mention de « Thynes » à plusieurs reprises, notamment par l'historien Polybe en l'an 150 av. J.-C., ainsi que de conciles où elle était représentée par un évêque. Mais c'est avec la conquête arabe que, progressivement, elle prend de l'importance.

Héritière de Carthage, de Kairouan et de Mahdia, la médina de Tunis, dans son organisation urbaine, son architecture et les éléments de sa décoration ainsi que dans son rythme de vie, renvoie à ce triple héritage.

Avec l'instauration du protectorat français sur la « Régence de Tunis », le 12 mai 1881, la capitale connaît une nouvelle extension sur sa devanture maritime avec la naissance du quartier européen. Elle parachève ainsi sa richesse patrimoniale par l'apport européen moderne sous forme de quartiers nouveaux où se reflètent les temps forts de l'innovation urbaine et architecturale de l'époque et qui se déploie à travers certaines artères et/ou façades art-déco.

Épousant son époque, la ville connaît ces dernières décennies de nouveaux développements qui la placent parmi les capitales modernes, comme en témoignent le quartier des « Berges du Lac » ou la rénovation de son artère centrale, l'avenue Habib Bourguiba.

Centre administratif national, Tunis est également un grand pôle touristique doté d'infrastructures haut de gamme, de nombreux espaces de loisirs et d'actifs foyers culturels. De quoi répondre aux besoins d'une population estimée à plus d'un million et demi d'âmes.

Depuis les hauteurs de Byrsa, la vue s'étend, ainsi que la ville et son voisinage, jusqu'à Tunis à l'ouest et jusqu'au Cap Bon au sud. C'est assurément l'un des plus beaux sites de la Méditerranée. commerciale très large. L'artisanat connaît sous l'influence orientale des techniques améliorées.

Par un effort d'aménagement et d'équipement soutenu, l'Etat urbanise toute la région du centre. La capitale Kairouan est entourée de plusieurs ceintures de veilles satellites et de campagnes urbanisées. Un cordon de ribats, de ksars, de mahrès, et de villes fortifiées protège toute la côte qui connaît une forte urbanisation ..

Après la prospérité des IXème et Xème siècles, l'Ifriqiya s'engage à partir du XIème siècle dans une phase de régression graduelle. On assiste à un recul de la vie sédentaire au profit de la transhumance.

L'invasion des tribus hilaliennes au XIème siècle venues d'Egypte sur ordre des Fatimides a poussé plusieurs sédentaires, anciens habitants des plaines, à se réfugier dans les montagnes près des sources ou près des côtes dans les villages sahéliens. Kairouan cesse d'être la capitale de l'Ifriqiya au profit de Tunis, siège du pouvoir des Hafsides.

Le démembrement de la dynastie hafside et son déchirement suite à une période de luttes pour la succession a emmené le pays à devenir le théâtre des affrontements hispano-turcs avant de voir les Turcs s'installer dans le pays.

L'un de leurs descendants, Houssein Ibn Ali, fonde la dynastie des Housseinites en 1705 en prenant plus de distance vis-à-vis des Ottomans de Constantinople. Ils régneront en Tunisie jusqu'en 1957.

L'arrivée des immigrés andalous musulmans et juifs vers la fin du XVIème siècle et au début du XVIIème siècle contribuera à la prospérité du pays par l'introduction de nouvelles techniques artisanales et agricoles. Mais l'absence de modernisation des structures économiques et l'endettement du pays au XIXème siècle ont conduit à l'établissement du protectorat français en 1881.

Cette période dure trois quarts de siècle (1881-1956) et se superpose en fait avec la dernière période de la dynastie des Housseinites puisque le dernier de ceux-ci, Mohamed Lamine Bey « a gouverné » jusqu'au 25 juillet 1957, date de la proclamation de la république tunisienne.

La colonisation a pris dans un premier temps une assise foncière et a bouleversé les structures en place. Elle s'est accompagnée ensuite d'un processus de prolétarisation. Le marché tunisien est submergé par les produits industriels entraînant une destructuration progressive du secteur artisanal.

Le jeune État tunisien, héritier de plusieurs siècles de décadence, ne cesse depuis l'indépendance d'œuvrer pour moderniser le pays et le sortir du sous-développement. L'obligation de la scolarisation et la généralisation de l'instruction transforment le paysage socioculturel et économique en profondeur.

A l'instar des autres activités artistiques (arts plastiques, musique, théâtre, cinéma …) , les métiers d'art progressent en essayant de trouver un compromis difficile entre la préservation de l'identité nationale par la recherche d'un langage et d'un vocabulaire puisés dans un riche patrimoine multifacial d'un côté, et l'impérieuse nécessité de répondre aux exigences d'une modernité poussant davantage vers une internationalisation et une standardisation aussi incolore qu'anonyme l'une que l'autre.

Cette problématique s'est enrichie par les nouvelles approches appliquées dans l'écriture de l'histoire qui, affranchie, notamment de l'égocentrisme occidental, finit par reconnaître dans les civilisations extra-européennes des valeurs autres que celles dites exotiques ; la recherche de ce compromis a été alimentée par certains mouvements de l'art moderne et notamment le postmodernisme fondés sur la récupération dans le patrimoine de ses éléments vivants.

Cet état d'esprit, doublé d'une volonté politique évidente, a largement contribué à la renaissance de l'artisanat tunisien qui se développe et retrouve une place de plus en plus grande dans la dynamique économique et culturelle actuelle.