• Gabes

    Matmata

Ceux qui visitent la Tunisie et ne se rendent pas à Matmata ont quelque part manqué une occasion pour  connaître  une architecture singulière : les habitations  troglodytes.

"Les Matmatas", ensemble de plusieurs  villages, est le nom des tribus  berbères réfugiées  dans cette région à l’aspect  insolite.

Les Berbères, aujourd’hui en grande partie arabisés, occupent encore  des villages construits  à flanc de montagne.





Au sud de Gabès, se dressent subitement des montagnes ocres, dénudées, qui atteignent 700m de hauteur. Des mamelons coniques sont profondément découpés et séparés par d’étroits ravins où poussent figuiers, oliviers, orge et quelques palmiers chétifs.





Une population laborieuse vit dans des villages dans lesquels un œil non averti ne découvre que des cratères  ou se dissimulent  les habitations  formant un véritable paysage lunaire. Paysage que le cinéaste  américain George  Lucas a bien exploité  pour  réaliser sa célèbre série « La guerre des étoiles » et « Les aventuriers  de l’Arche perdue ».





Ces villages invisibles sont formés de plusieurs habitations  troglodytes enfouies sous terre. Une terre semblable au sol lunaire, criblée de trous géants. Chaque  cratère est en fait une maison. Un tunnel permet  d’accéder à une sorte de « puits », véritable entonnoir  circulaire  qui découpe le sommet  d’une  colline et autour   duquel  sont excavées  les pièces  d’habitation et d’engrangement.

Le long  du boyau d’entrée sont creusées étables et remises à outils. On débouche sur une cour circulaire. Dans les parois argileuses, des  « patios » sont  grossièrement  creusés  en niches qui forment les pièces à provisions et des salles communes.





Au niveau  supérieur, les pièces, qui ne sont  souvent accessibles que par une corde, servent de greniers. On y fait « couler » les céréales, par un étroit  conduit qui prend sur  l’extérieur. Dans la cour, sont entassés d’énormes silos à gains tressés en alfa. Les  niches, indépendantes les unes des autres, sont remarquablement climatisées, fraiches  l’été lorsque la température ambiante  dépasse les 40° et tempérées l’hiver.





A 40 kms seulement  de la mer et à 400 m d’altitude, Mamata bénéfice d’un air pur  et sec. Les habitants y vivent longtemps et en bonne santé. Si Matmata est considérée comme le prototype du village troglodyte  à plusieurs kilomètres à la ronde, d’autres villages de même type et peut-être plus « vrais », car  moins fréquentés, comme Béni Aissa, Chembali, Techine, s’enfouissent sous la terre.